Morbastan -- Une histoire des années quatre-vingt dix

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Ils s’appellent Carrelet, Champarnaud, Frelon ou Gobidart. Ils habitent des tours impersonnelles, travaillent dans des bureaux panoramiques, font leurs courses au supermarché Apollon et se retrouvent à la laverie automatique pour échanger des potins sur les couches-culottes et les vacances au rabais. Ils sont cadres, journalistes, critiques d’art. Ils ont des opinions convenables, des amis juifs (arabes même), et ils votent pour des politiciens modérés. Le Mal, pensent-ils, s’est recroquevillé au fond de la télévision.

Bienvenue dans les années 1990.

Dans ce roman choral et féroce, Paul Charrier déploie une galerie de personnages aussi pitoyables que reconnaissables : jeunes parents débordés qui serrent leur petit bonheur contre leur poitrine de peur qu’il ne se refroidisse, managers obsédés par leur « valeur de marché », journalistes en quête de l’« Homme du mois », critiques d’art reconvertis en conseillers esthétiques pour grands groupes industriels, et mystérieux stratèges qui tirent les ficelles dans l’ombre feutrée des directions générales.

Tous gravitent autour des Laboratoires Formol, vénérable entreprise pharmaceutique dont les crèmes miracles promettent la jeunesse éternelle aux femmes pressées d’exister. Tous croient courir après la réussite, la reconnaissance, l’absolu – ou simplement un petit confort bien mérité. Mais plus ils avancent, plus leur univers se dérobe : les intrigues de couloir dévorent les carrières, les ambitions les plus raisonnables virent à la paranoïa, les quêtes spirituelles se muent en marchandises, et la réalité elle-même semble se déliter comme un vieux mur sous la pluie.

Sur fond de supermarchés clinquants, de tours de béton, de crématoriums de résidence et de pèlerinages commerciaux, Morbastan raconte l’histoire d’une époque où tout s’achète – y compris l’illusion d’être heureux. Avec une ironie ravageuse et une précision d’horloger, l’auteur dissèque les rites d’une société qui a remplacé les dieux par des slogans publicitaires et les passions par des plans d’épargne-logement.

Mais sous la peinture sociale, un autre récit se tisse, plus sombre. Quelque chose cloche dans les tubes de crème que l’on s’apprête à lancer. Quelque chose pourrit dans les sous-sols du bunker de Zoroastre. Et tandis que les cadres supérieurs jouent aux échecs avec la vie des autres, une petite mort absurde – celle d’un cochon d’Inde nommé Coco – pourrait bien révéler ce que personne ne veut voir.

Car la seule règle de ce jeu impitoyable est celle-ci : plus vous montez, plus vous risquez de tomber.
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